Dimanche après-midi nuageux, Debademba a déjà commencé à jouer quand nous arrivons dans le jardin, une étroite bande de verdure arrachée aux voies ferrées.
Le public est sur des estrades herbeuses, confortablement installé. Pique-niques entre amis et en famille. La scène est étrangement installée à distance. Certainement pour laisser de la place aux danseurs. Pour l’instant il y a dix mètres de vide entre le public et le groupe qui se sent bien seul.
Diversité des rythmes donc, diversité mélodique aussi, mais surtout l’atout de Debademba c’est la maitrise exceptionnelle de la voix et de la guitare. Le jeu de guitare d’Abdoulaye Traoré allie la richesse de la musique mandingue et la désinvolture du blues américain. Le concert avançant je suis de plus en plus admiratif de ce musicien qui joue avec les styles pour y imprimer sa propre empreinte. Il passe de la guitare acoustique à l’électrique pour un morceau qui sonne comme une version africaine du Chicago blues. Pour un morceau il prend même un oud, Mohamed Diaby explique la démarche panafricaine derrière ce rapprochement entre cultures arabo-andalouse et mandingue et en effet il semble tout à fait naturel de faire des ponts entre un côté et l’autre du Sahara.
L’été à Paris est plein de découvertes !