Die On Monday - Ed-Äke - Tamanoir, Gennevilliers - 8 Octobre 2010

Die On Monday 2010Premier concert de la saison au Tamanoir pour moi. Et tel le papier tue-mouche, j'adhère. L'année dernière j'y suis allé suffisamment souvent pour que ça devienne très intéressant de profiter des concerts à 4€... Surtout que la programmation est déjà très intéressante.

Ce soir je ne connais pas les groupes qui passent, mais 1) je fait confiance à la programmation du Tamanoir; 2) j'ai très envie de voir un bon concert pour souffler un coup, me détendre après une semaine épuisante.


Die On Monday TamanoirDie On Monday est un groupe de stoner français. Stoner? Du métal bien lourd, puissant, une section rythmique hypnotique. le coté psychédélique du métal en somme. Dans le cas de Die On Monday, les mélodies sont profondes, le son est lourd et puissant, le tout pour un rock dépressif qui rappel par un autre coté le grunge des années 90. Le bassiste lui à passé le concert à nous parlé de hard-eu rock-eu avé l'ascent du sud. En tout cas leur rock est bien efficace pour faire oublier les problèmes de la semaine.

Et il y a une bonne raison à ça, Die On Monday est une sorte de super groupe de métal français. Les Them Crooked Vultures de l'hexagone : le chanteur de Enhancer, le guitariste d'Aqme, et le bassiste de Vegastar. On sent les gars qui cherchent à faire quelque chose de moins formaté que leurs précédant groupes. Toutes les chansons sont en anglais.

Die On Monday GennevilliersLe public est attentif, on devine quelques fans, ils connaissent les paroles par cœur. Malheureusement on n'est pas assez nombreux et même si le public est chaleureux avec le groupe, même si on est groupés prés de la scène, pas de gros bordel, pas de pogo ni de head banging furieux. Leur single qui passe à la radio, a savoir Never Getting Old est particulièrement bien accueillis. moi c'est la complainte Black Cat qui me file les poils.

Corporatistes, ils font applaudir Ed Äke avant la fin de leur set! C'est agréable de sentir que les groupes se connaissent et s'apprécient.


Ed Ake 2010Les farfadets a ressorts de Ed Äke déboulent sur scène en sautant partout, t-shirts de toutes les couleurs. Ce sont des poseurs. Au début je reste sur mes gardes, et puis finalement leur tourbillon sonique m'emporte.

Le son de Ed Äke est plus incisif que celui de Die On Monday, on sent une influence punk nettement plus présente. Je pense notamment à the Offspring (rahh, l'album Smash... j'aurais jamais dut jeter mes k7). C'est surtout le guitariste avec ses grosses lunettes qui me fait penser au guitariste de Offspring. Il a la même attitude de nerd branleur quand il enchaine moulinets et coups de pieds en l'air! A les voir, le rock'n'roll n'est qu'une question d'attitude.

Le chanteur enchaine les gestes obscènes. Il met parfois les autres musiciens a contribution comme quand il glisse son bras entre les cuisses du guitariste qui posait jambes écartées, ou bien quand il envoie valser son pied de micro dans le set de batterie.

Ed Ake Gennevilliers
Le chanteur nous répète plusieurs fois qu'il est dans un "hyper bon mood", c'est vrai qu'il a l'air de bonne humeur. C'est très contagieux d'ailleurs, comme il n'y a pas assez de monde pour un pogo mais qu'il y a de la place, je danse dans mon coin, comme si je m'éclatais dans ma chambre, sauf qu'ils sont là, en face de moi et qu'ils envoient du bois. Le chanteur doit se dire que ça vaut le coup d'être vus car il descend de scène et viens dans le public danser et applaudir ses musiciens.

Très pros, Ed Äke n'oublient pas de rappeler plusieurs fois leur prochaines dates sur paris : un tremplin Ouï FM et un show case au magasin Virgin des Champs Élisée.

Ramoneurs de Menhirs et Louise Ebrel - Argenteuil - 18 septembre 2010

En rédigeant la review du concert au Glazart, j'ai appris que les Ramoneurs avaient sortis un nouvel album, "Amzer an Dispac'h!", que je me suis empressé de schtroumpfer... Quelle claque. Une bonne partie des morceaux du nouveau CD avaient été joués au Glazart. Sur l'album beaucoup de chansons sont chantées par Louise Ebrel. Louise Ebrel, 78 ans, mémoire du trad breton et plus particulièrement du chant kan ha diskan, fille d'Eugénie Goadec, actrice de la renaissance de la tradition bretonne au milieu des années 70. Mais elle est aussi parmi ceux qui font vivre cette tradition en continuant à l'écrire, en la faisant vivre dans le monde d'aujourd'hui. On peut citer ces collaboration avec Denez Prigent, un chanteur qui métisse le chant breton avec la musique électronique, le groupe de rock Red Cardel ou encore les keupons des Ramoneurs de Menhirs.

Donc quand j'ai vu qu'il y avait un fest noz annoncé à Argenteuil avec les Ramoneurs et Louise Ebrel, je me suis dit que ça devait être quelque chose de bien sympathique à voir. Et en effet, un fest noz en banlieue c'est autre chose qu'un concert à Paris.


Ramoneurs de MenhirsUne salle immense, bondée de danseurs. 2 000 danseurs qui rebondissent au rythme d'une gavotte. De loin on ne voyait que les têtes qui sautaient toutes au même moment, la salle entière qui pulsait littéralement au rythme de la musique. Impressionnant. En plus des danseurs, il devait bien y avoir un millier de personne autour de l'immense parquet. Certains attablé devant un far ou une crêpe, un cidre ou un kir, d'autres reprenant leur souffre après avoir parcourus la salle à un rythme effréné lors d'un an dro d'anthologie. Aussi pas mal de punk, reconnaissables à leurs perfectos en cuir et leur air gauche de petit garçon qui ce demande ce qu'il fait là quand ils tombent dans une embuscade qui les amènes dans un cercle circassien (ça m'est arrivé... c'est revenu petit à petit, j'ai pas trop massacré de pieds, je crois). Les plus malins s'arsouillent au chouchenn au bar en se foutant de la gueule de leurs potes.

Louise EbrelSur scène s'enchainent groupes de rock bretonnant et trad, 45 minutes environs chacun, je ne retiens pas les noms, le spectacle est dans la salle. Les moments qui m'accrochent le plus c'est pendant les changements de plateau. En avant scène, devant les rideaux de velours rouge prennent place deux sonneurs, biniou-bombarde ou deux chanteurs, Louise Ebrel et Ifig Flatrès, pour quelque kan ha diskan. Et je constate que ce ne sont pas les groupe avec leur section rythmique basse/batterie qui tiennent le mieux la cadence sur la longueur. C'est bouleversant de voir ces deux totos là-bas tout petits sur scène sous cet éclairage crus faire danser autant de monde.


Loran, Ramoneurs de Menhirs23 heures passés, le rideau se ferme sur un autre groupe de rock breton, probablement Kazdall. Pendant que Louise Ebrel prend un nouveau tour de chant, on entend une guitare rugir... tout ce que la salle compte de piercés, chevelus, cranes rasés, crêtes, tatoués et autres rockeurs bourrés se rapproche de la scène. Louise Ebrel continue de chanter. Même quand un gravos montre sur la scène pour faire le con à coté d'elle, elle te le vire fissa, sans le moindre hoquet et surtout sans cesser de chanter. Si on tournait la tête à se moment là on ne s'apercevait de rien.

Quand le rideau se rouvre, les Ramoneurs sont en scène, prés à en découdre. Ils commencent comme au Glazart par "Edan Ur Blez" et l'intro de Loran : "Nous sommes les enfants de la terre et du vent, on s'appelle les Ramoneurs de Menhirs et on chante pour la Bretagne libre". Hurlements de bourrins et début de pogo dés les premiers beats de la boîte-à-rythme. A quelques mètres de là, les danseurs se remettent en chaîne, pour une laride. On peut empêcher un punk de pogoter, mais pas un breton de gavotter.

Au bout de quelques morceaux Maurice Jouanno, le chanteur qui accompagnais déjà les Ramoneurs la dernière fois laisse le micro à Louise Ebrel qui resteras chanter avec les ramoneurs jusqu'à la fin du concert. Toujours autant a l'aise que tout à l'heure elle chante le répertoire plus ou moins traditionnel des Ramoneurs. Pour ce set ils ont choisit les morceaux les plus bretons de leur répertoire. C'est jubilatoire de l'entendre sur "Marijanig", ce nouvel hymne à la dépénalisation. Puis un nouveau mec tout bourré vient se jeter à ses pieds, il se roule sur scène en hurlant. Elle te le jette en bas de la scène et te l'engueulant... j'aurais pas aimé être à ça place. Ça m'a moins fait flippé pour lui quand les mecs de la sécurité sont venus le foutre dehors.

Ramoneurs de MenhirsLe pogo bien sympathique, pas de coups de vicelards. A plusieurs reprises des farandoles de danseurs trad passent au milieu de la cohue et entrainent plusieurs pogoteurs vers une autre forme de danse. J'ai toujours la satisfaction d'une grande bouffée d'anti-sarkozysme à l'écoute de "Breizhistans" : "Sarkozy, Er Maez". Après un set de 45 minutes les Ramoneurs quittent déjà la scène.

Deux sonneurs reprennent place devant le rideau. On va s'envoyer une bolée au bar. L'occasion aussi d'acheter les deux cd des ramoneurs. Enfin. Comme je l'ai déjà entendu dire, schtroumpfer c'est découvrir, acheter c'est soutenir. Je me serais même fendu d'un t-shirt si ils leurs en avait resté à ma taille.

Fedayi Pacha - Casuality - Tamanoir, Gennevilliers - 14 novembre 2009

Je traverse la cité de Luth de Gennevilliers en ébullition ce jour là : des écrans géants retransmettent le match de qualification à la coupe du monde Algérie/Égypte. Devant la salle le mec de la sécurité, celui à la billetterie et la femme au bar ne parlent que de ça... et le public est clairsemé.

 Fedayi Pacha

Fedayi PachaC'est Fedayi Pacha qui entre en scène le premier. La scène est décorée avec des éléments de la pochette de son dernier album : poupées, écran de télé déglinguée, comme un hôtel dressé à une divinité post-apocalyptique et un gros haut parleur blanc qui surplombe, vaguement menaçant la scène. Fedayi Pacha est encapuchonné de blanc, il s'installe devant ses machines, tête baissée. Il est accompagné d'un seul musicien, Manu Chehab, aux ney  (n'importe quoi, moi, en plus le ney c'est une flûte... merci à Fedayi Pacha -himself- de m'avoir corrigé)saz, tar et oud électrique (comme Medhi Haddab!!)

Fedayi PachaFedayi Pacha nous fait une démo de sampling : il crée ses boucles en direct sur une cowbell ou en frappant dans les mains puis traite les sons en directe et les boucles pour en faire une mélodie à la rythmique éléctro-dub. Il ne reste plus qu'au oudiste à glisser des mélopées orientales envoutantes dessus pour renforcer l'effet de transe. Ce que joue le musiciens est parfois également repiqué et samplé par Fedayi Pacha et ses machines.

Fedayi PachaUn grand écran à droite de la scène diffuse les mêmes images que celles projetées sur la télé-offrande. Ça rend l'expérience scénique bien plus intéressante pour les spectateurs. D'autant plus que Fedayi Pacha est coincé derrière ses machines et que son musicien est concentré sur ses instruments. Le voyage musical se termine trop tôt à mon gout. La musique de Fedayi Pacha me transporte vraiment. Loin.


 Casuality


CasualityC'est au tour de Casuality d'enter en scène après que tout le plateau de Fedayi Pacha ait été débarrassé et le leur installé. Les lycéens qui ont boudé Fedayi Pacha se rapprochent de la scène pour kiffer le son drum'n'bass-éléctro-dub de Casuality.

Ils sont trois : machines/claviers, batterie et un bassiste en avant scène. Ce sont les petits frères de High Tone et Amon Tobin. Ils ont un sacrés style sur scène. Les éclairages sont soignés. Je ne trouve pas leurs morceaux suffisamment homogènes, on passe d'un morceau speed, Drum'n'bass à un reggae chaloupé pour enchainé sur un son bien plus lourds, indus. Ça fait un peut collage de différentes influences. Mais comme l'ambiance est super, que leur set est généreux et parfaitement exécuté, je skank. Skanker pour oublier une semaine épuisante!

CasualityJe me force à ne pas faire de comparaisons avec les autres groupes de la scène électro-dub française, ça serais mal placé. Je commence à être snob, je connais bien cette scène, j'ai des tas de cd que j'écoute et que je trie. Ah, celui-là est un poil plus speed, un chouïa plus ceci ou cela... de quoi dire que tu n'aime pas tel groupe, alors que c'est juste que tu es en train de le comparé a d'autres. Je me force donc un tout petit peut a kiffer. Tout simplement, sans intellectualiser. Et pour ça Casuality m'aide bien, ils me font partir sans effort, avec beaucoup de bonheur.

Parabellum - Hangar, Ivry - 25 Septembre 2010

Ils ont prévenus sur leur myspace qu'il fallait être à l'heure car ils passent en premier. Donc je me suis pressé un minimum le cul pour arriver à temps. Je ne veux pas rater ce monument du punk rock français.

Arrivé à la salle un peut a la bourre, j'ai quand même le temps de me prendre une petite bière avant le début du concert... ils ont été sympa de m'attendre!

Parabellum, IvryShultz est sapé comme pour un mariage, on le croirait prés à amener sa fille devant monsieur le curé. Un costard super bien taillé qui tiendra en place jusqu'à la fin du concert. Avec par dessus une super belle guitare, on le prendrait pour le guitariste d'un orchestre de cocktail! Si ce n'est sa trogne. Sa grosse trogne de Shultz qui gueule "T'y as cru, perdu, Tout ça c'est d'la politique".

Ce soir le combo basé à Montreuil commence par "Osmose 99", titre qui a été repris par les Tagada sur leur album de reprise 666. Élégant de la part d'un groupe qui malgré sa longévité et la reconnaissance de certain a du mal à accéder au statut mérité de mythe du punk rock français. Il aurait peut être fallut qu'ils crèvent d'une overdose... en tout cas ce soir ils se retrouvent en première partie, et ils n'en sont pas aigris pour un sous.
Ils enchainent sur "Papa" un titre du Géant Vert qui parle de son grand-père qui a vécus la boucherie de Verdun.


Sven c'est LE guitar-hero... Oubliez les jeux vidéo tout pourris, un guitar hero ça s'habille en pantalon rouge moulant, ça fait du duck walk, des bonds de cabris et des moulinets à la main droite. Sven c'est un mix de Jimmy Page jeune et Lee Scratch Perry vieux. Le détail qui me tue : il porte un porte clés en forme de globe terrestre à l'oreille. J'ai le même porte-clés, à la maison, mais je suis trop chochotte pour me faire faire des trous!

Vas savoir pourquoi, c'est sur le morceau le plus calme du groupe qu'à commencé le premier pogo. Ils étaient en train de jouer bien peinard le "Dernier Trocson", éloge vaguement nostalgique aux imbibés, aux crevards de la bibinnes, quand un mec en perfecto se décide sans raison à donner le l'épaule à tous ses voisins. Galvanisé par le solo de Sven, le mec, certainement. On sentait bien que tous l'avant scène en crevais d'envie, ça remuais du popotin et ça tapais du pied, ça se cherchais du coin de l'œil.

ParabellumEt une fois que c'est parti, c'est parti, c'est un joyeux bordel de bousculade vaguement en rythme. Il y a la punkette qui se lance dans la mêlée parce qu'elle aime se prendre des pains mais que tout le monde évite, galanterie machiste sans doute; le vicelard qui cherche à te faire craquer les os; le peinard qui fait la danse du scalp en encaissant les coups de coudes; le pédé qui trique d'être couvert de la sueur des autre; le chevelu qui s'emmêle le cresson dans tes dents ; le quinqua qu'a été punk avant tout le monde mais qui ressemble à un inspecteur des impôts, 30 ans plus tard; la vieille voutée qui marmonne des incantations (probablement) vaudou et menace le groupe avec sa canne... Et tout ça pendant que la Shultz Académie nous rappelle que les petits canards sont nos amis.


"A Saint-Lazare", la reprise d'Aristide Bruant est devenue un classique de parabellum depuis le concert de Marmande le 6 septembre 1997. Shultz est confus quand il présente "La Bande (A Bonnot)", mais on comprend qu'il fait référence à une époque où les truands étaient des anarchistes et qu'ils devenaient les héros du peuple. Sans que l'on voie le temps passé, on s'amuse tellement quand on pogotte, que le groupe quitte déjà la piste... Sans avoir joué "Cayenne"!? On leur fait comprendre en gueulant qu'on souhaiterait bien un petit peut de rab'!

ParabellumIls reviennent et nous offrent une petite douceur en la reprise de Nancy Sinatra "Bang Bang" (qui, en fait est une reprise de Cher). Shultz ne chante pas comme Nancy, mais après tout il n'y a pas que les bonne-femmes qui sont capables de se faire plomber par un amoureux éconduit. Cette reprise est l'occasion de lâcher un mot sur l'autre groupe de Shultz : "La Clinik du Dr Shultz". Un trio taillé pour les bars, ils ne jouent que des reprises, mais de la keumar.

Point noir des concerts de parabellum : c'est la quatrième fois que je les vois et ça fait trois fois qu'ils jouent des medeley. Cette foi ci heureusement on en n'a qu'un seul. Alors c'est sur que ça fait plaisir d'entendre "Zig Zag Rock", "La Bombe et Moa", ou la version revisitée d'"Anarchie En Chiraquie" transformée en "Anarchie en Sarkozy", mais moi le principe même du medley, j'aime pas. Après, je croie bien qu'ils sont partis sur Cayenne... Ils ne nous auraient quand même pas laissé partir sans la jouer... Mais je n'en ai pas le souvenir... C'est confus dans ma tête... Trop de pogos?

Tagada JonesJe ne vais pas trop parler du concert de Tagada Jones qui a eu lieu après : c'était pas ma came, à la base. J'ai leur album de reprise "666" dont je parle plus haut, je savais grosso modo a quoi m'attendre et je ne suis vraiment resté que par curiosité. Le mélange éléctro-métal est original, plutôt réussit. Les mecs ont une vraie putain de présence sur scène, le chanteur doit avoir moins de 30 ans et ça fait très plaisir de voir que la flamme de rébellion et d'idéalisme qui brulais dans le punk-rock alternatif des années 80 est entretenue par des groupes efficaces et soutenus par un bon public.

Ramoneurs de Menhirs - Glaz'art - 10 décembre 2009

J'avais déjà fait un voyage punko-temporel au Glazart en venant y voir la Souris Déglinguée (deux fois!). Le bol : ils avaient sorti le DVD du concert.

Nouveau voyage ce soir avec les Ramoneurs de Menhirs puisqu'ils sont composés de la boite a rythme et du guitariste des Bérurier Noirs. J'ai dut écouter un bon milliard de fois le live testamentaire "Viva Bertaga" que j'avais emprunté à la bibliothèque municipale et repiqué sur une cassette. J'en ai passé des heures à écouté ce concert sur mon baladeur en rentrant du collège. Je m'imaginais gueuler que "la jeunesse emmerde le front national" en chœur avec tous les punks de la salle...

Bref, j'avais tellement hâte de voir une des pierres angulaire de ma culture musicale comme politique, un des mecs qui est dans le peloton de tête de mon panthéon personnel, que je n'ai qu'un souvenir assez vague des trois groupe qui sont passés avant les Ramoneurs. Ça allait crescendo du punk garage assez amateur au rock viril plus léché. Je connaissais vaguement Stygmate, on peut télécharger l'album sur leur site.

Et puis face à un public conquis d'avance Laurent présente le groupe : "Nous sommes les enfants de la terre et du vent, on s'appelle les Ramoneurs de Menhirs et on chante pour la Bretagne libre" non sans avoir auparavant fait remarquer très justement que "la bière a 4€50 c'est abusé!" En même temps l'entrée était à 10€... Le Glaz'art avais fait un effort.
Le groupe est composé de Richard Bévillon et Eric Gorce respectivement sonneurs de biniou à crête et bombarde à crête. Farouchement bretons dans tout ce que la Bretagne à d'insoumis et indépendant, ils sont aussi pourfendeur de fachos dans tout ce que le Bretagne bretonnante peut engendrer de connerie ordurière et raciste, c'est naturellement qu'ils rencontrèrent Laurent, le guitariste libertaire du groupe punk Bérurier Noir et sa boite à rythme. A force d'écumer les fest-noz, les festivals celtiques, tantôt en off, tantôt en programmation officielle, ils rencontrent de nombreux amoureux de la culture bretonne. Ainsi Maurice Jouanno, chanteur traditionnel. Une musique qualifiée d'uber-folklo-patate.
Ce qui me fait énormément kiffer dans ce groupe c'est la rencontre entre le punk rock des Bérus dont j'ai déjà fait l'éloge et la musique trad'. C'est que j'ai un père cornemuseux et je me souviens de fest-noz à la Mission Bretonne, de vacances en Bretagne pendant lesquelles on me trainait de fest-deizen fest-noz, bagadou ou concerts de harpe. C'est comme ça que j'ai pris goût à la musique en live. Alors imaginez, la rencontre de la musique de mon enfance et de celle de mon adolescence...

Ce métissage punk/Breton prend bien, ça pogotte fort. Les chants de Laurent et Maurice répondent à la bombarde et à la guitare saturée de Laurent. La cornemuse introduit les morceaux avant l'entrée de la boite a rythme.
Les hymnes punks sont aussi mis a jour en fonction de la formation métissée. "Nomades" (Comme un oiseau de passage tu n'auras pour la réalité que la liberté), "If the Kids are United" des Sham 69. Tous les deux dédicacés aux punks travelers. Introduire une reprise des Sham 69 à la bombarde... j'aurais jamais crus ça possible. Bravo.
Après cette reprise, dans la plus grande tradition des bals folks, il y a une pause de plusieurs minutes. C'est le temps qu'il faut aux musiciens pour répondre à la question "qu'est-ce qu'on joue?". Ils optent pour une gavotte, dédicacée à Louise Ebrel avec qui il leurs arrive de jouer. Louise Ebrel c'est la mémoire du trad breton, elle est la fille d'Eugénie Goadec. Les sœurs Goadec étaient parmi les dernières personnes garder la tradition du gwerz et du chant breton en général lorsque le mouvement folk a cherché a le faire renaitre dans les années 70.
C'est Laurent qui introduit les morceaux. Il à un super bon contact avec le public : ça gueule "A poil" il répond "j'ai pas de poils"! Et le groupe entonne "Where's Captain Kirk" de Spizzenergi. Le public réagis immédiatement, le titre avait été francisé par les Bérus. On a aussi eu droit à une excellente reprise en français de Bella Ciao, la même que sur l'album.

Ça fait déjà une heure que ça pogotte devant la scène. Le groupe fait une petite pause pour reposer les guibolles des danseurs. Nous on défend notre perchoir : afin de bien voir la scène on est monté sur une caisse en bois. Certainement la meilleure place de la salle si on est trop chochotte pour le pogo. On reconnaît Shultz et Sven des Parabellum dans le public qui migre massivement du devant de la scène vers le bar.

Laurent reviens, il est toujours outragé par le prix des bières, nous aussi, on boycotte. "A ce prix la il vaut mieux fumer des joints". Appartement, on à réussis à fatigué les sonneurs, Laurent cherche au fin fond de la boite a rythme un titre a jouer seul. Il nous dégotte un titre "en hommage aux anars ukrainiens massacrée par Lenine" : "Makhnovcina" de Roda-Gil (le même que "Alexandrie, Alexandra"!)
"Libérons Marie-Jeanne enfermons Jean-Marie"... Marijanig est un kan ha diskan avec une intro reggae. "Vive le feu", un "traditionnel Bérurier" qui ... met le feu. Sur l'album Concerto pour Détraqués on pouvais déjà entendre des vielles a roue. On n'est pas trop surpris d'entendre un biniou et une bombarde sur cette version. Les chœurs punk du public montrent que la tradition des chants à répondre à trouvé un héritage! Héritage de la chanson politique punk avec le titre "Ya'at'eeh", en soutient au prisonnier politique amérindien Leonard Peltier.
Un moment jouissif d'anti-sarkosisme primaire avec "Er Maez" (dehors en breton) puis, en guise d'au-revoir "La Blanche Hermine", hymne à Bretagne libre de Gilles Servat.

On ressort lessivés, la voix cassée. On file s'enfiler deux bières dans un vrais bar sympa pour le prix d'une au Glaz'art!

Amar Sundy – Caveau des Oubliettes - 21 aout 2010

Le lieu est une curiosité : une guillotine et des fers de prisonniers servent de décor au bar au rez de chaussé. Vers 22 heures, une porte qui aurait l’air condamnée dans n’importe quel bar s’ouvre et l’on se rue dans les petites caves voutées du sous-sol qui sentent le salpêtre. Bancs en bois, tabourets bas, chacun se trouve une place, au fond de la plus grande des salles une scène. C’est moins glauque que les instruments de torture à l’étage, pourtant une inscription accroche l’œil prés de la sortie « Je seroi pendu demain »... un graffiti d'un condamné a mort. Ces caves ont servis de prison au 16éme siècle.

Ce soir les instruments de musique remplacent les instruments de torture. Sur la scène une batterie prend la moitié de la place, un clavier et serré entre les deux un tabouret de bar. Il y a un ampli de basse derrière le tabouret, on se demande bien comment le mec aux claviers va se débrouiller pour pas se manger le manche de la basse dans les dents ! La guitare d’Amar Sundy est posée devant la scène. Les musiciens fendent le public pour s’installer, les clés de la basse passent effectivement à quelques centimètres de la tronche du mec aux claviers ; et le câble de la basse étouffe le charley de la batterie… pas très confortable. Pour eux, nous en s’en fou, on est installé devant nos pintes de Guinness !

Et le concert commence. Amar joue un très bon blues teinté d’influences sahariennes, il chante tantôt en anglais tantôt en sahraouis. Pour jouer un morceau qui sonne « blues du désert » (comme Tinariwen ou Ali Farka Touré), Amar pose son médiator, impossible de le retrouver après… entre deux morceaux il demande une pièce de monnaie à une table prés de lui, mais cela ne semble pas faire l’affaire. Gausbert lui prête son médiator favori, en corne de rhinocéros laineux, polis par un chamane Finno-Ougriens pendant une éclipse d’Orion… mais tout ça c’est du pipi de chat maintenant que Amar Sundy à joué avec !
Après une première petite heure d’un répertoire surtout axés sur son dernier album, Sadaka, donc d’un blues très influencé par le désert, le groupe fait une pause, on commande de nouvelles bières. Il y a plus de chansons en anglais pendant le 2eme set. En quittant les ambiances saharienne envoutantes qui prenaient aux tripes, on gagne un groupe plus décontracté qui improvise un peut plus pendant les morceaux. Le blues est très communicatif, sa délicieuse mélancolie englue les tables unes par unes, se répand entre les tabourets et les banquettes, jusque dans les alcôves attenantes. On claque des doigts, du pied, ou on marque simplement le temps d'un coup d'épaule, mais il est là. La musique d'Amar Sundy nous traverse et nous transporte.

Pour le 3eme set, après une nouvelle courte pause, le groupe jam. L'ambiance est bien plus décontractée, Amar revient en finissant sa conversation avec des spectateurs. La foule est moins dense, il est minuit passée. Après deux morceaux qui laissent une large place a l'improvisation, Amar invite aux claviers Rachid, et Florian Florent (désolé de la confusion... voir le commentaire), un jeune gratteu qui a une guitare remarquable : bricolée, presque carrée, vaguement peinte en vert. Mais il joue bien. Maintenant l'atmosphère qui était bon enfant depuis le début est carrément détendue. Au milieu des morceaux Amar s'assied sur le bord de la scène et laisse les musiciens jouer, il revient de temps en temps le temps d'un échange musicale avec l'un ou l'autre... Une vrais jam, bon enfant, avec des musiciens bourrés de talent.
Amar fini par rendre le médiator. « Argh ! Je viens de perdre un peut de feeling » plaisante-t-il en reposant le médiator dans le creux de la main de Gausbert. On garde longtemps le sourire aux lèvres en rentrant dans la tiédeur de la nuit d'été. Cette soirée a adoucis l'aigreur de la rentrée!

ps : pour les fans qui veulent savoir ce qu'Amar fait de ses soirées, je l'avais croisé là.

Rocé - Fnac des Halles - 19 mai 2010

 "Je suis un des seuls trentenaires à rapper comme un adulte" dit Rocé sur son dernier CD. 
C'est un constat que je partage. Le paysage  du rap français n'est pas bien excitant. Entre les daubes variet' pour la FM, provocations puériles, sexistes, conventionnelles qui semblent êtres rédigées par des collégiens de cinquièmes et les pleurnicheries de Diam's qui souffre tellement de sa notoriété.
Alors pour une fois qu'un rappeur me fait kiffer, j'en parle!

J'avais eu la chance de gagner l'album précédant de Rocé en envoyant un e-mail à France Inter. Ça avait été un coup de foudre. Il était sortis sur le label "No Format" qui sort de superbes albums originaux de world, jazz, musiques improvisées... les 3 ensembles. L'album m'avait incité à pas mal de temps de réflexion, notamment les chansons "Je Chante la France" et "Métèque". Il m'avait fallut plusieurs écoutes pour saisir vraiment les textes car le flow de Rocé est efficace. Je n'arrivais pas à suivre ET réfléchir en même temps. La musique assez free jazz (Archi Shepp est invité sur l'album) m'avaient bien aidés à entrer dans le disque : j'étais assez réfractaire au hip-hop à l'époque. L'album qui commençais a bien buzzer a eu la malchance de sortir quelques mois avant les CD de Grand Corp Malade et Abd Al Malik... Ils étaient assez proches musicalement, mais les rappeurs bien plus policés. 
Le nouveau CD de Rocé sonne bien plus hip-hop que le précédant, mais je me suis éduqué entre temps.

Pour ce showcase d'une demi-heure en plein milieu de la fnac des Halles, entre le rayon hard rock et le rayon éléctro, Rocé est accompagné de DJ Karz aux platines et de Sil Matadin (ex Urban Dance Squad!!!) à la basse. Une bonne combinaison pour un concert-commando comme celui-ci: le DJ pose les rythmes, et les mélodies agrémentées de breaks et scratchs nécessaires au style, tandis que la basse, puissante, fait groover le tout. Rocé fait voler les clichés en éclat : il porte un affreux pull jacquard au lieu du t-shirt de basketball qu'il faut porter pour rapper!

Le set s'ouvre sur "Carnet de voyage d'un Être sur Place", le même morceau qui ouvre l'album, les textes sont toujours aussi incisifs et précis. Rocé n'est pas Joey Starr, il n'assure pas le show, on vient surtout pour l'écouter, le public est attentif, on fait attention aux lyrics. 
Il décode la métaphore "L'Être Humain et le Réverbère",  nom de l'album, en intro du morceau éponyme : "C'est une pique à l'être humain. Aujourd'hui l'être humain ne se déplace pas, il regarde les deux rues qu'il connaît et il à la prétention d'éclairer, comme un réverbère. Mais il n'éclaire pas plus loin que deux rues."
Rocé à un petit coté donneur de leçon (comme sur les morceaux "Si Peut Comprennent", "Des Questions à Vos Réponses"), mais comme je me rends assez facilement à ses points de vues et qu'il assume parfaitement ses contradictions, ça ne me dérange pas trop! Pour finir le set il reprend "On S'habitue", un titre qui était sortis en 2000 sur un EP de DJ Mehdi. Le groupe est plus détendu qu'au début du set sur ce morceau, et ça se ressent dans le public qui commence à onduler et secouer la tête en rythme.

Che Sudaka - Hangar, Ivry - 4 juin 2010

Un an après leur concert aux Solidays, j’ai hâte de les voir dans la salle du Hangar, une de mes salles préférées sur Paris.

La première partie est assurée par La Scaña Del Domingo. La dernière fois que j’avais vu ce combo parisien, c’était vers 2002 dans un bar qui s’appelait l’Imprévus ou un truc comme ça, tout petit rade, le trombone s'emmêlais dans le sax qui foutais les pieds dans la batterie et le mec au banjo qui manquais de crever un œil a quelqu’un a chaque fois qu’il sautais… et il a passé la soirée à rebondir !
Je les retrouve ce soir après qu’ils aient sortis trois albums. Leur musique est toujours estampillée « Festif de merde ». C'est-à-dire un peut de ska, une touche de Balkan, une jolie rasade de rock bruyant. Des paroles sombres, un peut loufoques. Une grosse patate et un esprit décalé. Une bien bonne mise-en-jambe, donc.

Toute la salle est dehors à profiter de la tombée de la nuit. J’ai l’oreille !! On se radine à l’intérieur dés que la musique d’ambiance s’arrête. Barboiron me fait remarquer que les musiciens de Che Sudaka ont un trac fou… Ils s’accordent devant une salle vide. Les deux chanteurs, Leo et Kachafaz, se regardent en serrant les dents ; le guitariste se refait l’intro du premier morceau, guitare débranché ; le clavier se frappe la poitrine en sautillant sur place. Il a l’air de trembler un peut, il sert les dents lui aussi.

Dés les premiers accords, la salle se remplie d’un public réceptif et bienveillant. Le dernier album est resté longtemps disponible en téléchargement légale et gratuit sur le site internet du groupe. Du coup beaucoup de monde connais les paroles.

Un joyeux pogo se met en place entre les 20 plus nerveux des premiers rangs (j’en suis). Les deux chanteurs de Che Sudaka sautent dans tout les sens, les morceaux s’enchainent, les rythmes changent plusieurs fois pendant un même morceau. On passe ainsi du rock au ska au rap à des riffs métal ou à une cumbia sabrosa (délicieuse, la cumbia est forcément délicieuse !).  Comme pendant les concerts de Manu Chao. Gambeat le bassiste de la Radio Bemba de Manu Chao à coaché Che Sudaka avant cette tournée.

Il y a beaucoup de titres du dernier album, Tudo é Possible (Seras Feliz, risa Bonita, Mentira Politiko,…), et beaucoup de titres de leur premier album aussi (Alerta Bihotza, Taliban, Bam*Bam,…)

Ils calment le jeu quelques minutes avec « Sin Papeles », une adaptation de « Englishman In New York » de Sting dédiée aux travailleurs sans papiers qui se sont fait expulsés des marches de l’Opéra Bastille la veille. Suit une Cumbia épicée métal servie par Sergio à l’accordéon.
Pour les rappels, ils mettent encore plus d’énergie. Leo le chanteur chauve qui grimace se fout à poil et fini le concert en slip. Dans la salle le pogo est rendu mal aisé par une couche de bière et de sueur mêlée au sol… ça glisse énormément.
Saluts, applaudissements. Les Che Sudaka distribuent des autocollants à tout le monde et vendent leurs cd et t-shirts à des prix modiques à même la scène. On se presse pour les leur acheter, leur serrer la main et les remercier d’avoir fait la route jusqu’à Ivry.

SMOD - Vieux Léon - 3 juin 2010

Je lis une revue politique, en buvant un demi de bière hors de prix, assourdis par une musique trop forte, en plein milieu du quartier branchouille des Halles (j’aime pas dire bobo, au moins les bobos font l’effort de ne pas être des beaufs).
Je m’aperçois à peine que je commence à fredonner l’air qui passe. Je me retourne… C’est SMOD qui à déjà commencé à jouer, à moins d’un mètre de moi.
 
« Ça chante, ça rap »
 
SMOD c’est un peut les chouchous de ce blog puisque c’est grâce à la chronique que j’ai fait de leur concert l’année dernière au French K-wa que j’ai gagné le concours qui m’a envoyé aux Solidays tout frais payés en 2009.
Ça fait un an que j’attends la sortie de leur album (plus même… Manu Chao en parlais dés la sortie de « Dimanche à Bamako », l’album de Amadou et Mariam, en 2004). J’ai collecté les titres mis en ligne sur leur myspace, téléchargé le EP Digital, j’ai même mis la main sur un CD promo destiné aux radios du titre « Ça chante » !
 
Je connaissais presque par cœur les chansons jouées ce soir. C’est qu’elles sont hyper efficaces ! Tu les entends une fois, elles te restent dans la tête.
 
« Jouez moi cette guitare comme il faut / J’ai des problèmes qui tournent dans ma tête »
 
On est une trentaine à écouter Sam, Ousco et Dousky chanter. Ce soir ils sont accompagnés de Manu (pas LE manu, un autre...) aux claviers et boite à rythme. Dehors, Paris met à jour son profil facebook sur son e-pad. On s’en fiche.
« Politik Amagni » La politique, ce n’est pas bon.
Ils reprennent le titre d’Amadou et Mariam, les parents de Sam. Manu Chao à produit l’album des parents, maintenant celui du fiston. C’est la mifa, la famille.
 
« Ambola »

On est ensemble, même si on est que 30 à écouter SMOD ce soir, on est chauds, ça danse, c’est vivant, très respectueux du groupe. Le set est court, bien travaillé. Taillé pour les scènes des grands festivals de cet été (la tournée a été annulée l'année dernière a cause d'une histoire de visa). Il n’y a pas de raison pour qu’ils ne cartonnent pas.
 
« J’ai pas peur du micro / J’anime le show/ Avec mon flow »
 
Joie, ils sont venus avec des exemplaires de leur CD. Enfin, je le tiens entre mes mains. Je savais que l’enregistrement se trainais quelque part : sur l’ordi de Manu Chao, chez une maison de disque, dans un studio pour le mastering… Ils attendaient le bon moment pour le sortir. Je me le fait dédicacer par les 3 rappeurs. Merci à SMOD.
Ambola

Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté – CC Paul Bailliart, Massy – 31 mai 2010

Avec Needa Sheikh on avait raté le concert de Mahmoud Ahmed quelques mois plus tôt à Paris. Sur un coup de tête il a deux places pour ce concert à Massy, même si c’est très loin là-bas, dans la banlieue sud et qu’il va falloir prendre la voiture.
Coup de flip en arrivant dans la salle quand on s’aperçoit qu’elle est toute petite et pleine à craquer alors qu’on à glander dans le hall en mangeant des crêpes pendant une demis heure. Heureusement on se trouve deux sièges bien placés.
Les billets annonçaient Éthiopiques avec Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté. Éthiopiques c’est le Badume’s Band, un collectif monté après, et en hommage aux rééditions d’albums mythiques d’éthio-jazz des années 60 aux années 2000 sorties chez Buda Musique à partir de 1998 (23 volumes a ce jour). C’est donc un tribute-band de français, (de bretons !!!), à ce genre musical. Ils ont leur propre chanteur, Eric.

C’est lui qui entame les festivités, un blanc, roux, avec un look de prof de fac : Pantalon marron, veste à manches trop longues et collier de barbe… et ça marche. Je suis pas du tout spécialiste en amharique, mais ça n’a pas l’air de sonner faux.
Après 2/3 morceaux (c’est-a-dire 25 minutes… Les morceaux d’éthio-jazz sont souvent très longs, étirés au maximum jusqu’à atteindre un point de rupture, et même alors, ça continue, on reprend la ligne mélodique et on prolonge la transe dans un second souffle)… Après deux ou trois morceaux donc Eric laisse sa place à Alèmayèhu Eshèté. Applaudissements nourris du public. Et là, grosse frayeur dans la salle, on n’entend pas du tout la voix. On est frustrés car il joue son tube « Addis Abeba Behete ». A la fin du morceau, on lui change son micro. Ouf, ça fonctionne mieux. Sa voix est puissante, haut perchée, elle ressemble un peut a celle des crooneurs égyptiens. En le voyant bouger, je me dis qu’il fait penser à un Little Richard ! Ils ont a peut prés le même âge.
  
Après quelques morceaux il laisse humblement et respectueusement la place à Mahmoud Ahmed. Tonnerre d’applaudissements. Les musiciens sont toujours les mêmes. Eux, ils restent, les chanteurs changent. Il y a 3 cuivres, guitare, batterie, percus, basse, claviers.
Mahmoud Ahmed fait beaucoup plus vieux qu’Alèmayèhu Eshèté. Il est habillé tout en blanc, dans une tenue qui rappel une tenue traditionnelle. Quelques motifs vert-rouge-or pour rappeler les couleurs de l’Éthiopie sur son épaule droite.
Sa voix est magnifique, envoutante. Même si on l’entend dérailler sur les premiers morceaux. Pas de quoi bouder son plaisir d’écouter  un maître chanter cependant.
Les premières chansons sont très mélancoliques (« Ere Mela Mela »), on devine grâce aux gestes qu’il fait qu’il chante la mémoire, le départ et l’amour perdu (il se touche le front, le cœur à deux mains et tend le bras comme pour retenir tendrement un proche qui s’en vas). Plus le concert avance, plus la mélancolie fait place à de la joie et à la fête. Et Mahmoud Ahmed nous la fait sacrément partager !

La diaspora Ethiopienne se presse pour danser devant la scène, à droite. Pratiquement toutes les femmes sont habillées de rouge. A gauche, des femmes d’un âge respectable envoient des œillades appuyées à Alèmayèhu Eshèté qui est revenu pour chanter avec son compatriote, sa chemise est déboutonnée jusqu’au milieu de la poitrine.
Devant moi 5 jeunes femmes très banlieue sud : robe à fleures, petit nœud en soie dans les cheveux, tapent dans leurs mains et ondulent des épaules en imitant Mahmoud Ahmed. Une vague d’énergie musicale et festive traverse la salle et rebondie entre la scène et le public.
Eric reviens accompagner Mahmoud Ahmed et Alèmayèhu Eshèté. Il a l’air très impressionné, il est plein de respect pour les maîtres avec lesquels il partage la scène.

Déluge d’applaudissements, pour les rappels, personne de souhaite déjà quitter la si agréable chaleur de la transe provoquée par la musique. C’est un grand moment de bonheur partagé. Tous les musiciens reviennent sur scène, la salle reste debout pour onduler en rythme sur les mélodies entêtantes.
Quand les lumières se rallument, on reste longtemps debout à applaudir en espérant qu’ils reviennent. Musique d’ambiance. Un technicien sur scène les bras levés en croix. C’est fini. Bousculade vers la sortie. Arrêt au stand merchandising…
Mais ! Ces pulsations, cette mélodie ? On cour de nouveau dans la salle… Ils sont tous de nouveau sur scène… Quelle ambiance magique ! Quelle générosité. Le public est super réceptif. Ils réinterprètent « Addis Abeba Behete », hymne à la capitale Ethiopienne, qui avait été jouée plus tôt…
C’est le cœur gonflé de ce sentiment entre joie et nostalgie inspiré par la musique du Badume’s Band, Alèmayèhu Eshèté et Mahmoud Ahmed que nous traversons paris, en voiture, la nuit.